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Zao Wou-ki – L’espace est silence

NOTRE CRITIQUE

Voici une jolie rétrospective du plus français des peintres chinois. Si l’expo ne compte pas plus d’une quarantaine d’œuvres, leur impact n’en reste pas moins profond tant elles parviennent à happer le spectateur dans leur univers. On évolue délicatement dans la matière et les tons créés par Zao Wou-Ki. Une immersion dans ses élégantes formes résolument abstraites où l’Occident n’est jamais loin de l’Orient permet de saisir toute la force de cet éternel romantique. Nous avons véritablement été saisis par les couleurs et l’utilisation que fait l’artiste du vaste espace qui s’offre à lui, car il faut en effet souligner les dimensions titanesques de ses tableaux qui constituent un aspect indissociable de son démarche.

Le triptyque de 1966 et sa gamme de vert ou encore ses encres « sans titre » de 2006 valent assurément un passage au MAM avant le 6 janvier !

On en ressort apaisés et heureux d’avoir participé à ce voyage aussi poétique qu’inspirant.

[ARTYNOTE : 8,5/10]

PRÉSENTATION OFFICIELLE

Le Musée d’Art moderne présente la première grande exposition à Paris depuis 15 ans consacrée à l’artiste Zao Wou-Ki (1920-2013).

Si son œuvre est aujourd’hui célèbre, les occasions d’en percevoir la complexité sont demeurées trop rares à Paris. L’exposition souhaite en renouveler la lecture et invite à une réflexion sur le grand format.

Le parcours débute au moment où Zao Wou-Ki adopte une expression nouvelle, « abstraite » – terme trop restrictif à ses yeux – avec l’œuvre de 1956 intitulée Traversée des apparences. Cette étape décisive précède un premier séjour aux Etats-Unis, l’année suivante, qui le conforte dans la quête d’un espace toujours plus vaste.

Artiste au croisement de plusieurs mondes, Zao Wou-Ki quitte la Chine en 1948 pour venir à Paris au moment où l’« art vivant » commence à se partager entre les États-Unis et la France. Son œuvre traverse les débats esthétiques qui marquent le développement de l’art moderne et, s’il appartient à une scène parisienne qu’il apprécie, il perçoit très tôt la vitalité de la peinture américaine. Progressivement, il renoue aussi avec certains traits de la peinture chinoise dont il s’était écarté de façon volontaire.

Zao Wou-Ki n’aime pas le mot « paysage » auquel il préfère celui de « nature ». Ses rapports avec le monde extérieur sont faits de découvertes et de voyages, de rencontres fécondes dont les premières furent avec Henri Michaux et le compositeur Edgar Varèse. Poésie et musique demeureront pour lui deux pôles d’attraction permanents, comme une tension nécessaire avec la peinture – donnant sens, à mesure que son art s’affirme, à l’expression que l’artiste a inspirée très tôt à Michaux : L’espace est silence.

En insistant sur la portée universelle de son art et sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle, le Musée d’Art moderne présente une sélection de quarante œuvres de très grandes dimensions dont certaines, comme un ensemble d’encres de 2006, n’ont jamais été exposées.
(source : musée art moderne, Paris)

INFORMATIONS PRATIQUES

1/6/18 – 6/1/19
Musée d’art moderne de la ville de Paris

Ouvert du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 (dernière entrée 17h15)
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h00 pour les expositions temporaires (dernière entrée 21h15)

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