Terminées

Ernest Pignon-Ernest: Empreintes – Botanique (Bruxelles)

NOTRE CRITIQUE

Le père français du Street Art

Rarement, voire jamais, exposé dans notre pays, Enerst Pignon-Ernest est un véritable pionnier du Street Art engagé. Moins célèbre que l’omniprésent Banksy, nul doute que ce dernier n’aurait pas existé sans le « père » Pignon-Ernest, même si leurs techniques sont bien distinctes. Pignon-Ernest abandonna en effet assez tôt le travail au pochoir pour apposer de grandes sérigraphies sur des lieux emblématiques de ses passions et de ses combats.

L’exposition brosse un large éventail de sa production, s’appuyant sur trois types de supports. On trouve d’abord quelques-unes des sérigraphies originales qui furent collées sur les murs. Ensuite, de nombreuses photos de ses oeuvres permettent de se rendre compte du rendu in situ. Enfin, avantage de la collaboration active de l’artiste à l’exposition, la conception des oeuvres est largement documentée par une pléthore d’études.

Le rez-de-chaussée de la salle d’exposition du Botanique aborde les nombreuses interventions politiques de celui qui fut membre du parti communiste et appela récemment à voter pour Jean-Luc Mélanchon. Qu’il s’agisse des prisonniers, des victimes du mal-logement, de la guerre d’Algérie ou du sida, tous ces invisibles se sont imposés aux yeux des passants par la force interpellante mais jamais agressive de ses sérigraphies plaquées aux murs. A côté de ces combats universels, nous avons été plus particulièrement impressionnés par ses oeuvres contre le jumelage en 1974 de Nice, sa ville natale, avec Le Cap alors en plein Apartheid, apposées sur le parcours même des célébrations du jumelage.

Dans les galeries supérieures, on trouve une série d’oeuvres plus consensuelles, avec une série d’hommages à d’anciens artistes, dont Le Caravage, et une autre sur les poètes qu’il affectionne.

Si l’oeuvre de Ernest Pignon-Ernest est mémorable par la force de ses thèmes de prédilection, elle l’est sans doute moins par son style. On sent que la « patte » de l’artiste reste avant tout pénétrée de la peinture classique à laquelle son oeuvre rend parfois un hommage explicite. Il était donc inévitable que les oeuvres « perdent » un peu de leur impact à être ainsi transposées dans une salle d’exposition. Ce mal nécessaire en vaut pourtant la peine, car l’exposition parvient à communiquer l’importance de cet artiste pour un mouvement contemporain majeur.

ARTYNOTE : 7/10

PRESENTATION OFFICIELLE

Accueillir Ernest Pignon-Ernest (Nice, 1942) au Botanique n’était pas cousu de fil blanc. L’homme est très demandé, expose partout avec succès et, depuis sa grande Rétrospective du MaMac, à Nice, en 2016, son aura s’est encore amplifiée au point de le condamner à ne jamais pouvoir s’arrêter.

L’idée d’une exposition de Pignon-Ernest fut émise par Marie Papazoglou et l’artiste a rapidement admis le bien-fondé d’un retour à Bruxelles où il ne fut guère exposé. D’où l’événement que représente une plongée dans son univers si heureusement orienté pour la cause d’une humanité en péril.

Issu d’un milieu très modeste de Nice, Ernest Pignon-Ernest a, dès l’enfance, manifesté un don pour le dessin. C’est pourtant en autodidacte que, des années plus tard, il a surgi dans le domaine de l’art… par la tangente. Commissaire de l’exposition: Roger Pierre Turine

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Botanique
Rue Royale 236
1210 Saint-Josse-ten-Noode

13/12/2018 – 10/02/2019
Mer – Dim, 12:00 – 20:00
Fermé le lundi et le mardi

 

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